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  • Le rapport

    desinfo-20161230.jpgRapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961
    Date de remise : 8 janvier 1998

    Archives de la direction de la police judiciaire (PJ) : Pour l’ensemble de l’année 1961, 474 dossiers d’enquête pour homicide ou tentative d’homicide ont été dénombrés par la mission :

     

     

     

    • 275 se rapportent à des victimes nord-africaines - des Français musulmans d’Algérie (FMA) dans leur grande majorité 
    • 79 se rapportent à des victimes appartenant aux forces de l’ordre - policiers, gendarmes et aussi membres des forces de police auxiliaires (FPA), elles-mêmes composées de FMA .
    • 120 se rapportent à d’autres victimes, qui ne sont ni nord-africaines, ni membres des forces de l’ordre.

    Le nombre de manifestants du 17 octobre est estimé entre 20 000 et 25 000. Dans son Rapport d’enquête sur les événements du 17 octobre mettant en cause la préfecture de police, adressé le 4 décembre suivant au ministre de l’intérieur, l’inspecteur général de l’administration Roger WUILLAUME retient pour sa part le chiffre de 22 000 manifestants.

    Au total, le bilan est de 14 094 interpellations, chiffre communiqué, le 27 octobre, par le préfet de police devant le conseil municipal, puis, le 31 octobre, par le ministre de l’intérieur au Sénat.

    Lors de la séance de questions orales avec débat du 31 octobre 1961, le ministre de l’intérieur faisait part aux sénateurs d’un bilan de six morts et cent trente-six blessés hospitalisés pour les manifestations des 17-20 octobre. Un document contenu dans les archives du cabinet du préfet de police fait, à la même époque, état de sept morts et cent trente-six blessés. (cf p. 12)

    Pour la période comprise entre le 17 octobre et le 31 décembre 1961, 88 corps de Nord-africains (des FMA pour la plupart), sont entrés à l’IML.
    Le cas de 25 de ces cadavres appelle une analyse plus poussée. Pour ces cadavres, en effet, la date présumée de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout lien avec les manifestations. Sous les réserves exprimées ci-dessus, le registre d’entrée de l’institut médicolégalconstitue ainsi la source administrative la plus complète, donc la plus fiable, sur les décès survenus au cours de la période considérée.

    Le bilan réel des blessés est sans doute très largement supérieur au chiffre de 136 donné, le 31 octobre 1961, par le ministre de l’intérieur. Déjà, le 4 décembre 1961, l’inspecteur général WUILLAUME avançait le nombre de 337 blessés, dont "105 ont été pansés immédiatement et 232 hospitalisés". Mais son bilan n’est pas exhaustif, l’enquête n’ayant pu porter, semble-t-il, sur tous les hôpitaux susceptibles d’avoir reçu des blessés de la manifestation.

    "La réaction énergique, face aux manifestations de masse du 17 octobre, s’explique parfaitement, à l’encontre d’un adversaire sorti de sa clandestinité et qui, depuis des années, se concrétisait enfin, après les lâches attentats du mois de septembre."

    Homicides perpétrés contre des membres des forces de l’ordre : sur les 47 policiers parisiens victimes d’attentats meurtriers de 1957 à 1961, 22 sont tombés au cours de cette dernière année. 14 de ces victimes trouvent la mort entre août et le début d’octobre.

    Homicides perpétrés contre des FMA*, et qui n’épargnent d’ailleurs pas Marocains et Tunisiens. Sur l’ensemble des Nord africains dont le corps a été transporté à l’institut médico-légal en 1961, 232 ont été tués, d’après le registre d’entrée de ce service, par arme blanche, arme à feu, strangulation ou coups divers38 ; 57 corps sont mentionnés sous la rubrique "submersion" c’est-à-dire, selon la terminologie de l’IML [Institut Médico-Légal], que la mort a pour cause principale la noyade. Au total, le nombre d’homicides présumés ou en tout cas de morts violentes s’élèverait donc à 289. Dans la plupart des cas, l’enquête de la police judiciaire conclut à des règlements de compte internes ou à des "sanctions" infligées par les mouvements indépendantistes algériens.

    A partir du début de septembre, les homicides contre des FMA augmentent considérablement : toujours selon le registre de l’IML d’une vingtaine par mois jusqu’à la fin août, ils s’élèvent à une cinquantaine en septembre, culminent en octobre (près de 90), pour décroître en novembre et en décembre. C’est entre le 29 septembre et le 6 octobre 1961 que le nombre d’entrées dans ce service de corps pour lesquels un homicide peut être présumé est le plus important (40 dont 10 pour la seule journée du 3 octobre). Environ 40 % des entrées de corps de Nord-africains à l’institut médico-légal, en 1961, ont eu lieu en septembre et octobre.

    Un changement de mode opératoire dans les homicides de FMA [Français musulmans d'Algérie] est observable, à partir du début septembre 1961. Il se manifeste par une très forte augmentation du nombre de cadavres de FMA découverts dans la Seine, dans la Marne ou dans les canaux (une cinquantaine pour la période septembre-octobre), corps souvent dépourvus de tous papiers et qui ne peuvent être identifiés. A l’inverse, les décès par arme à feu sont beaucoup moins fréquents.

    En matière d’homicide, un renversement de tendance est observable à partir de la deuxième semaine d’octobre : cessation des meurtres de policiers d’une part, fléchissement des meurtres de FMA de l’autre. Cette situation coïncide avec la mise en oeuvre des restrictions de circulation nocturne imposée par le préfet de police à la population musulmane à partir du 6 octobre 1961.

    La contrainte pesant sur les manifestants ne manque pas d’être soulignée. Une note des RG du 17 octobre indique que les FMA qui n’obéiraient pas aux consignes d’aller manifester ont été menacés de mort. Une note du cabinet du préfet, datée du lendemain, met l’accent sur l’encadrement des manifestants par le FLN, précisant : "la présence de groupes de choc [du FLN] est certaine. A tous moments, ils se sont tenus sur les lisières de la manifestation de façon à pouvoir s’échapper s’ils étaient menacés d’arrestation. La majorité d’entre-eux était évidemment armée". "Il est certain que la foule musulmane ne tenait absolument pas à se joindre au cortège".

    Conclusion

    Il en ressort que les événements du 17 octobre 1961 s’insèrent dans un contexte qui déborde cette journée. Elle marque le paroxysme d’une période de violence qui avait commencé au début de septembre et s’est achevée peu après la manifestation, même si les conséquences ne s’en sont révélées que dans les semaines suivantes.
    D’autre part, il est clair que cette manifestation a donné lieu à une répression très dure : les chiffres et les relations de certains responsables de terrain le démontrent amplement.
    Parmi ces chiffres, celui des morts serait le plus significatif s’il pouvait être donné avec assurance. Tel n’est pas le cas. Mais à supposer même que l’on ajoute au bilan officiel de sept morts la totalité des vingt-cinq cas figurant à l’annexe III, et que l’on considère que les facteurs d’incertitude, et notamment ceux qui tiennent aux limites géographiques de l’étude, justifient une certaine majoration, on reste au niveau des dizaines, ce qui est considérable, mais très inférieur aux quelques centaines de victimes dont il a parfois été question.

     

    Note : * Les homicides opérés par le FLN sur le territoire métropolitain contre les FMA sont évalués entre 4000 et 6000 - notamment dans le cadre de la rivalité FLN <-> MNA. C'est dans cette ambiance que fut monté le pseudo attentat dit "de l'Observatoire" contre François Mitterrand le 15 octobre 1959...
    ex : https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/11/11/attentats-et-arrestations-dans-la-metropole_2320979_1819218.html

  • Zemmour en latin

    Incendie_Granville_1793.jpgQuoniam propter te sustinui obprobrium operuit confusio faciem meam
    Car c’est pour toi que je porte l’opprobre, que la honte couvre mon visage

    Extraneus factus sum fratribus meis et peregrinus filiis matris meae
    Je suis devenu un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère.

    Quoniam zelus domus tuae comedit me et obprobria exprobrantium tibi ceciderunt super me
    Car le zèle de ta maison me dévore, et les outrages de ceux qui t’insultent tombent sur moi.

    La maison France, bien entendu. En effet, comme disait l'autre mérovingien, grand faiseur de néant : "notre maison brûle, et on regarde ailleurs".

    Domus nostra incensa est, alibi autem expectamus