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Histoire - Page 3

  • L'Eglise et l'esclavage

    Un petit topo  (en anglais) assez précieux sur ce sujet. A garder sous le coude en tous cas.

  • Lie to me

    "Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les foutus mensonges, et les statistiques." ('There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics')*

    * Disraeli, Cité par Mark Twain in "Chapters from My Autobiography".

    Il semblerait que cet apophtegme ait été construit sur le modèle suivant :

    "Il y a trois catégories de témoins : les simples menteurs, les foutus menteurs, et les experts." ('A well-known lawyer, now a judge, once grouped witnesses into three classes: simple liars, damned liars, and experts')*

    * Nature, page 74 Nov 26, 1885 

  • Qu'est ce qu'une nation

    "Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. 

    La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j'entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a bâtie et qu'on transmet. Le chant spartiate : «Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes» est dans sa simplicité l'hymne abrégé de toute patrie. 

    Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. 

    L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie.

    Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera. Mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. À l'heure présente, l'existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître. "
    Renan, Qu'est-ce qu'une nation ?

     

    Que penser donc de cet acharnement à effacer le passé, de sorte qu'il n'en reste plus rien de glorieux mais plus que de la mortification sans fin ? La taubiration des esprits ne détruira pas une nation plus sûrement. 

  • Leçon de l'an Mil

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    Thierry d'Amorbach a vécu aux alentours de l'an Mil à l'abbaye de Fleury, à Saint-Benoit sur Loire, sous la direction d'Abbon. Thierry, né en Allemagne vers 950,
    fait suite à une requête de l'évêque Bernward d'Hildesheim lui demandant des indications sur la vie monastique. Il lui envoie une missive décrivant les règles en cours au sein de son monastère (Le coutumier de Fleury). Ou comment en quelques lignes vaporiser les fantasmes sur le Moyen-Âge.

     

     

     

     

    De la gouvernance et de la bonne manière de servir :
    L'abbé : "Conformément à l'Evangile, il s'efforce toujours de se faire le plus petit parmi les frères, alors qu'il est le premier de tous. Il ne possède rien en propre et n'a rien de plus que les autres, sinon son bâton pastoral et le fardeau de l'autorité. Enfin, pour ce qui est de la nourriture, de la boisson ou du vêtement, il n'a rien de meilleur ni de plus riche que n'importe quel novice illettré, et, si on le lui permettait, il utiliserait plutôt ce qu'il y a de moins bon."

     

    De la considération de l'activité intellectuelle à cette époque :
    L'armarius : "Il garde avec soin la bibliothèque ou local des livres. Il jouit d'une grande considération parmi les frères. Il  classe lui-même, ou confie au soin d'un de ses disciples, les baux à ferme ou les contrats d'échange. C'est à lui qu'incombe le soin des livres et de tout l'équipement du scriptorium. Il est aussi directeur de l'école. 

     

    De l'hygiène :
    Le camérier : Il doit veiller avec soin sur tous les frères du dernier au premier et leur fournir, selon les possibilités du lieu, des vêtements convenables en rapport avec leur rang et leur âge, sans donner aucune occasion de murmures.
    Le camérier doit regarder avec attention ce qu'il y a sur les tables  du dortoir, et lorsqu'il s'y trouve quelque vêtement ou chaussure d'un frère , il doit se hâter de le donner à recoudre à ses serviteurs, si du moins la réparation en vaut la peine. On ne voit jamais, en effet, les moines de la Gaule porter des vêtements rapiécés ou usagés, car leur pays est si abondamment doté de toutes sortes de richesses qu'il leur paraîtrait honteux d'avoir des vêtements sales et usés. Ils ne font pas cela par luxe ou volupté, mais plutôt en action de grâce, par bienséance et honnêteté comme l'homme doit avoir intérieurement le coeur pur.
    Le camérier doit aussi prendre soin de tout ce qui concerne la propreté : il s'occupe du savon et fournit les vases nécessaires. Il fait chauffer les bains pour les malades quand il le juge opportun. Pour la communauté, la coutume est de faire la rasure et la tonsure et de changer de vêtements tous les quinze jours. Les frères ne se baignent pas en commun comme font les séculiers, mais séparément et discrètement dans des cuves entre lesquelles on a tendu des rideaux. C'est au chapitre que, sur l'ordre de l'abbé, ils [les moines] reçoivent chacun du camérier des rasoirs, des peignes avec leur écrins, des couteaux avec leurs gaines, du savon en boîte et tout ce qui est nécessaire.

     

    Du social :
    L'hôtelier des pauvres : A l'entrée du monastère se trouve, conformément à la règle, un hospice pour les pauvres où il y a toujours la literie nécessaire, et du feu pour chauffer l'eau avec laquelle on lave les pieds, et pour réconforter les malheureux transis de froid.
    Il se tient en observation aux portes du monastère et lorsqu'ill voit un pauvre frapper à la porte ou demander l'aumône, immédiatement il se lève avec joie et répond "Deo gratias". Dès qu'il a ouvert la porte, il se prosterne de tout son long comme il le ferait devant le Christ, et non seulement il introduit à l'hôtellerie le nouvel arrivant, mais il va même jusqu'à l'entraîner de force, comme l'évangile le dit : "et ils les contrainrent d'entrer" (Lc 14:23). Puis, après lui avoir lavé les pieds, il met la table et comme un humble serviteur il offre avec largesse et charité tout ce dont les frères disposent. C'est en effet chez nous une coutume bien établie et inviolable, de ne jamais servir aux hôtes et pélerins les aliments ordinaires des serviteurs, mais de leur donner largement ce qui vient de la table des frères.
    Lorsque les pauvres se sont copieusement restaurés, on remplit leurs gourdes de vin à emporter (...) et s'ils ont besoin de vêtements ou de chaussures, l'hôtelier appelle le camérier pour que celui-ci sache ce qu'il faut donner.

     

    De la restauration :
    Le réfectorier : il veille sur le réfectoire et conserve tous les ustensiles en un lieu soigneusement fermé. Il nettoie les table chaque jour, il les recouvre de nappes, (...) il met à chacun une cuillère, il verse le vin dans les coupes qu'ils appellent justitiae, il place les assiettes et donne à chacun la sienne. (...) Il apporte et verse pour les frères du vin pur ou bien épicé, ce qu'ils appellent le clarum, ou encore arômatisé aux herbes, à l'hysope ou au miel, ce qu'ils appellent la vasleda.
    Il étend sur le sol des tapis, il met sur les tables des assiettes propres, il nettoie les carafes. 

     

    Voilà qui traduit bien l'obscurantisme du Moyen-Âge et sa peur panique de l'an Mil - celle-là même qui n'existe que dans les fantasmes de nos contemporains...

    In L'ABBAYE de FLEURY en l'an Mil au temps de saint Abbon, renaissance de Fleury, juin 2004

  • Pour en finir avec la Renaissance (et ses avatars)

    Extraits d'un article du Point à propos de la figure de Jeanne d'Arc :

    "Existe-t-il une tradition de récupération féministe de Jeanne d'Arc ?

     Oui, mais en France elle n'a existé qu'au XVIIe siècle, lors de ce qu'on a appelé la "Querelle des femmes". À cette époque, les droits d'autonomie qu'avaient les femmes au Moyen Âge sont remis en cause : on voit se durcir le droit romain, qui renforce la figure du pater familias. Pour protester contre ce changement, des auteurs de l'époque, femmes ou hommes, citent en exemple Jeanne d'Arc comme la preuve, connue de tous et irréfutable, de ce que les femmes peuvent faire aussi bien, sinon mieux, que les hommes. "

    Mais où sont passées nos ceintures de chasteté d'antan ? Si le Moyen-Âge n'est plus le Moyen-Âge, alors à qui se fier ma petite dame ?