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Science

  • La science de l'étude

    dox110.gif Les nouveaux charlatans : où comment des études remettent en cause... des études.


    The scale of "fake research" in the UK appears to have been underestimated, a BBC investigation suggests.
    Official data points to about 30 allegations of research misconduct between 2012 and 2015. However, figures obtained by the BBC under Freedom of Information rules identified hundreds of allegations over a similar time period at 23 universities alone. There are growing concerns around the world over research integrity.

     

    Hundreds of allegations of “fake research” conducted at some of the UK’s top universities were reported between 2011 and 2016, figures show.
    According to figures released by 23 of Britain’s 24 Russell Group universities following Freedom of Information (FoI) requests submitted by the BBC, the scale of fraudulent research is much higher than official Research Councils UK (RCUK) statistics suggest. The figures reveal at least 300 allegations including plagiarism and fabrication.

     

    Science is facing a "reproducibility crisis" where more than two-thirds of researchers have tried and failed to reproduce another scientist's experiments, research suggests.

     

    Britain's academy of science is to set up an inquiry into how scientific research is made public.
    It follows rows about the reliability of some studies which, although they were published in journals, were later found to have been based on false or poorly interpreted results. There is also concern about organisations which make scientific claims in press releases and at media conferences but then present no evidence to support their announcements.

     

    Most clinical studies on vitamins flawed by poor methodology.

     

    A new analysis has raised the existential spectre that universities, laboratory chiefs and academic journals are contributing to the “natural selection of bad science”.

    To thrive in the cut-throat world of academia, scientists are incentivised to publish surprising findings frequently, the study suggests – despite the risk that such findings are “most likely to be wrong”.
    The paper comes as psychologists and biomedical scientists are grappling with an apparent replication crisis, in which many high profile results have been shown to be unreliable.

    Sociology, economics, climate science and ecology are other areas likely to be vulnerable to the propagation of bad practice, according to Smaldino.
    “My impression is that, to some extent, the combination of studying very complex systems with a dearth of formal mathematical theory creates good conditions for low reproducibility,” he said. “This doesn’t require anyone to actively game the system or violate any ethical standards. Competition for limited resources – in this case jobs and funding – will do all the work.

     

    Study delivers bleak verdict on validity of psychology experiment results
    Of 100 studies published in top-ranking journals in 2008, 75% of social psychology experiments and half of cognitive studies failed the replication test.

     

    What to Do When People Draw Different Conclusions From the Same Data

    “In God we trust; all others must bring data.”
    That famous line from statistician William Edwards Deming has become a mantra for data-driven companies, because it points to the promise of finding objective answers. But in practice, as every analyst knows, interpreting data is a messy, subjective business. Ask two data scientists to look into the same question, and you’re liable to get two completely different answers, even if they’re both working with the same dataset.

  • Intelligence artificielle

    La logique a ses raisons que la raison ne saurait connaitre. Il en va par exemple, en électronique, du concept de "gate" (ou puce pour faire simple) "nand", "not and".

    Un gate NAND a deux entrées (A & B) et une sortie, résultat d'une opération logique sur les deux entrées ; chaque entrée représente un état électrique sur deux possibles, LOW (0) ou HIGH (1). En logique booléenne / binaire 0 correspond à "faux" et 1 à "vrai" : voici la table des sorties possibles :

     

    INPUT OUTPUT
    A B A NAND B
    0 0 1
    0 1 1
    1 0 1
    1 1 0

     

     

     

     

     

     

    Où nous voyons que si A est faux et B est faux, le résultat (sortie) est vrai. Inversement, si A est vrai et B est vrai, alors c'est faux. Wait... on se demande, d'après cette logique paranormale mais implacable, si Venus ne serait pas simplement câblée en nand. Ca expliquerait tous les malentendus avec Mars.

     

    puce-vnand.jpg

    Ex de puce nand à base de quatre "gates".*

    (pour la petite histoire, les disques ssd font largement appel à ces gates nand)

  • Best of

    Ceci est un "best of" du millénarisme climatique :

    Alimentation: le réchauffement climatique pourrait provoquer 500.000 morts en 2050 (AFP 03/03/2016)

    Intempéries : Hollande lie les pluies incessantes au réchauffement climatique (LCI 02/06/2016)

     

     

  • L'étonnement

    philosophe.jpg "L’étonnement est un sentiment philosophique ; c’est le vrai commencement de la philosophie."
    Platon, Théétète

    "De tout ce que nous venons de dire sur la science elle-même, sort la définition cherchée de la philosophie. Il faut bien qu'elle soit la science théorétique des premiers principes et des premières causes ; car le bien et la raison finale sont une des causes. Et qu'elle n'est point une science pratique, c'est ce que démontre l'exemple de ceux qui ont philosophé les premiers. Ce qui, dans l'origine, poussa les hommes aux premières recherches philosophiques, c'était, comme aujourd'hui, l'étonnement.
    (...)
    Chercher une explication et s'étonner, c'est reconnaître qu'on ignore. Aussi peut-on dire, que l'ami de la science l'est en quelque sorte des mythes ; car le sujet des mythes, c'est le merveilleux. Par conséquent, si les premiers philosophes philosophèrent pour échapper à l'ignorance, il est évident qu'ils poursuivaient la science pour savoir, et non en vue de quelque utilité."
    Aristote, Métaphysique, A, 2, 982b 10

     

    Il est probable que tous les maux de notre époque viennent de ceci : l'homme a substitué l'étonnement pour le doute, qui est l'antithèse même de tout fondement scientifique (contrairement à ce que certains doutistes affirment). Le doute est un toxique qui paralyse l'intellect de l'homme et l'empêche de progresser. Doute érigé en système par nos maîtres du soupçon, qui ont ainsi livré l'homme dans des fers mentaux redoutables. Ainsi, doutant de tout, les âmes errantes ne posent plus que des "pourquoi pas ?" - n'étant même plus outillées pour répondre aux "pourquoi". Car il est évident qu'un "pourquoi pas" ne se démontre pas ; il s'expérimente simplement. Peut-être d'ailleurs Aristote l'avait anticipé :

    « ceux qui se posent la question de savoir s'il faut ou non aimer ses parents n'ont besoin que d'une bonne correction et que ceux qui se demandent si la neige est blanche ou non n'ont qu'à ouvrir leurs yeux ». 
    Topiques, I, 2, 104b-105a

    Au contraire l'étonnement pousse l'âme à vouloir comprendre selon l'éthique de la vérité, à donner une explication sur les causes des choses, et à s'en émerveiller. Ainsi donc, ce n'est pas la science qui provoque le désenchantement du monde d'après la formule de Max Weber ; ce sont tous ces charlatans malades d'esprit qui nous ont vendu leur représentation douteuse et étriquée.

  • L'insuffisance

    "Nous manions à chaque instant des objets qui dans leurs fondements interrogent la nature de l’espace, la nature du temps et l’introduction des probabilités au coeur du réel.  Et chacune de ces interrogations est non seulement déroutante mais susceptible d’être interprétée différemment et conduire à des positions philosophiques diamétralement opposées. D’où le fait que les interprétations de la mécanique quantique n’ont jamais cessé, depuis sa construction dans les trente premières années du 20 ème siècle, de provoquer des débats conflictuels entre les physiciens, avec au premier chef, dans les années trente,  l’affrontement  Einstein-Bohr : au "dieu ne joue pas aux dés" du premier répliquait le "cessez de dire à dieu ce qu’il doit faire" du second. Einstein se refusait à abandonner l’idée d’une réalité objective tandis que Bohr se contentait d’observer que la théorie quantique permet de prévoir le résultat des expériences - et que demander de plus ?"

    Sven Ortoli, in Altantico du 28/01/2013

     

    Où l'auteur rappelle la nécessité de distinguer le phénomène (c'est à dire le fait tel qu'il se présente à nos sens, toujours médiatisé donc), l'observation du phénomène, et son interprétation. Parce que nous n'avons jamais accès à la chose en elle-même mais uniquement à son phénomène médiatisé, nous sommes contraints de passer par la spéculation pour trouver  la cause des choses ; d'où l'élaboration de modèles ou théories dites scientifiques.

     

    "Cette question des univers multiples a d’importantes résonances. Elle oblige à s’interroger sur ce que nous attendons de la science. Elle montre qu’une physique sans métaphysique n’a finalement aucun sens. Elle tisse des liens avec d’autres champs cognitifs.

    Peut-être sera-t-elle aussi l’occasion de faire cesser quelques remarques insensées comme : « mais ce n’est qu’une théorie » ou « cette théorie est-elle prouvée ? ». En effet, tout notre savoir est théorique et être une théorie n’est évidemment pas une faiblesse ! A contrario, aucune théorie scientifique n’a jamais été et ne sera jamais prouvée, c’est justement ce qui fait sa scientificité…"

    Aurélien Barreau in Atlantico du 21/02/2015

     

    (Il faudrait s'interroger sur ce que l'auteur entend par "métaphysique" - probablement au sens Aristotélicien, mais rien n'est certain). Un modèle n'est crédible que s'il permet la prédiction fiable de phénomènes donnés. Quelle crédibilité pour les modèles climatiques, puisque à peine sont-ils capables de prédire le climat du passé ? Sur le terrain de la prédiction, le modèle quantique est considéré comme fiable, au point que toutes les technologies de l'information y ont recours. Mais n'est-il pas paradoxal que nos plus puissants calculateurs, qui ne se trompent jamais dans leurs opérations les plus complexes, reposassent sur de la probabilité phénoménologique ? Il est probable qu'une particule se trouve à instant t dans un état e ; mais cet état manipulé par nos calculateurs donnera invariablement la même valeur à pi, à plusieurs milliers de milliards de décimales près. C'est dans ce paradoxe entre la cause probable et l'effet certain que se trouve la fécondité de la spéculation scientifique du XX° - et c'est grâce à ce paradoxe que tout un champ philosophique est encore possible.