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Société - Page 10

  • La grande fabrique (III) Max Weber - Première partie : la cage d'acier

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    Par moi on va dans la cité dolente,

    Par moi on va dans l’éternelle douleur,

    Par moi on va parmi la gent perdue.

    ...

    Avant moi, rien n’a jamais été crée

    Qui ne soit éternel, et moi je dure éternellement.

    Vous qui entrez laissez toute espérance

     

    Dante, La Divine Comédie, l’Enfer, chant III, 1-9

     

    "Pour les derniers "hommes" de ce développement culturel, la formule qui suit pourrait se tourner en vérité : "Spécialistes sans esprit, jouisseurs sans coeur : ce néant s'imagine s'être élevé à un degré d'humanité encore jamais atteint." Max Weber, l'Ethique protestante et l'Esprit du capitalisme" (1905).

    Weber propose un double diagnostic : une perte de liberté due au développement du capitalisme industriel et de l'Etat bureaucratique, ainsi qu'une perte du sens lié au désenchantement du monde  - c'est-à-dire, nous serions véritablement contraint de faire des choses auxquelles on ne peut plus trouver de signification ; et si elles ne font plus sens, c'est parce que nous ne sommes plus libres de les accomplir ou non.

    Le thème de la "cage d'acier" est le pivot du diagnostic de Weber - cette structure économico-bureaucratique qui a enfermé l'homme, et contre laquelle il n'y a pas d'échappatoire.

    Son diagnostic est centré sur l'analyse historique des deux principaux facteurs de perte de liberté : lae capitalisme, puissance qui s'enracinerait dans l'éthos ascétique du travail professionnel, et l'Etat dont l'évolution converge avec celle du capitalisme, conduisant à la bureaucratisation de la société. En résulte, comme chez Tönnies et Simmel, une rationalisation/reification de la vie et la perte de sens.

    Pour Weber les historiens utilisent trop souvent des concepts (ou idealtypes) qu'ils se gardent de définir. Cela dérive pour lui d'une fausse compréhension du statut des concepts : on croit qu'ils devraient être des copies fidèles de la réalité, alors qu'ils ne sont que des constructions que l'esprit se donne pour comprendre (cf aussi Kant). La construction d'un idéaltype procède à partir du réel, et par abstraction à la synthèse de ce qui est commun à plusieurs phénomènes concrets (ainsi pour le concept d'Etat, il s'agit de faire la synthèse entre les points communs aux différentes formes concrètes que peut prendre un Etat ; il s'agit donc de discerner ce qui semble tenir de l'essentiel, et d'éliminer ce qui relève de l'accidentel. 

    Weber défend en outre l'idée de "neutralité axiologique", qui doit éviter deux écueils : contre les militants qui déforment la réalité parce qu'elle dérange leurs idéaux, et contre les savants qui masquent leurs positions axiologiques en prétendant "laisser parler les faits". "Partout où l'homme de science intervient avec son propre jugement de valeur, il cesse de comprendre pleinement les faits." On pense à toutes ces générations de scientifiques qui firent du matérialisme athée ou de la théorie du progrès un fait avéré, quand il ne s'agit que d'une option philosophique (Russel, Shaw, Dawkin etc.)

    Capitalisme et ascétisme

    Weber cherche à construire la généalogie de la valeur "travail", placée en haut de l'échelle tant par le Marxisme que par l'ordre bourgeois. Dans son ouvrage "L'Ethique protestante et l'Esprit du capitalisme", Weber tente d'expliquer ce qui constitue l'"esprit" du capitalisme moderne : l'idée qu'il faut (d'un point de vue moral) travailler, et exercer avec sérieux et constance une profession déterminée, comme s'il s'agissait d'une vocation. L'habitus centré sur l'accomplissement du devoir professionnel provient de la sécularisation de l'ascétisme monacal par les protestants. Ce serait dans les monastères que le travail en tant qu'obligation morale a été inventé, sous le nom "d'industria".

    Le système et son "esprit" : l'éthique du travail professionnel

    Pour Weber, ce qui distingue le capitalisme moderne des autres formes de capitalismes ayant existé, ce n'est pas la cupidité ou le calcul rationnel, mais une éthique du travail : des entrepreneurs et des salariés prêts à dédier leur vie pour le travail etqui font du travail une finalité en soi. Le capitalisme moderne n'est pas seulement une volonté de profit orienté par le calcul : ainsi le capitalisme moderne ne se serait pas développé en Italie, faute de "coscienziosità", par opposition à l'Allemagne [le fait que le Bavière soit majoritairement catholique ne semble pas avoir effleuré Weber que la cause serait dans ce cas plus culturelle que cultuelle]. Pour Weber, la rationalité économique n'est que l'épiphénomène d'une rationalité éthique plus générale. L'esprit typiquement capitaliste est un ethos systématiquement centré sur le travail [mais alors on comprendrait moins l'échec du Marxiste en pays protestant comme l'ex Allemagne de l'Est, dont l'éthique est aussi centrée sur le travail ; l'appât du gain joue donc un rôle clé]. Il y a pour Weber la mise en place d'un style de vie méthodique organisée autour de la quête réglé du gain par l'exercice consciencieux d'un métier et l'épargne continue - l'idée spécifique du devoir ordonné à la profession. cela s'oppose à la vision "traditionaliste" du travail, qui n'est vu que comme le moyen de maintenir un mode de vie, et non de l'accroître sans cesse.

    Généalogie du travail mortifère

    Cette éthique est parfaitement irrationnelle, contraire à l'inclination humaine naturelle, et n'a  pu s'imposer qu'à l'issu d'un travail d'inculturation : ce serait l'éthique protestante qui aurait fait sortir les hommes du monde de l'indolence (quid du travail de la terre ?) pour les faire entrer dans celui de la performance. Weber remonte à Luther, et à son élargissement du terme "Beruf", qui dans la bible désigne la vocation, l'appel, pour désigner l'activité de tout à chacun ici-bas. Pour plaire à Dieu, il faut accomplir ses obligations dans le monde, quelle que soit l'activité ; il s'agit de rester dans sa profession et dans l'état dans lequel Dieu a placé l'homme une fois pour toute. Le protestantisme ascétique (calvinisme, méthodiste) fait jouer de l'implication dans le travail le rôle d'une mise à l'épreuve de la foi et la confirmation de l'état de grâce, la réussite en ce monde devenant signe d'élection. Ainsi le moteur n'est pas celui, rationnel mais poussif, du gain, mais celui, surmultiplié et irrationnel, du salut de son âme. Cette conduite se sédimente ensuite en habitus, et ainsi naît l'homme de la profession-vocation.

    Le protestantisme, libérant par ailleurs les tabous autours de l'argent, fit le lit du capitalisme moderne en créant l’ethos dont la machinerie capitaliste a besoin.

    Le mouvement cependant au départ nourrit par l'éthique, finit par se nourrir de lui-même ; le protestantisme ne fut que l'étincelle primordiale ayant permis de lancer la dynamique (synergie); ceux qui ne progressaient pas ne pouvaient que régresser ; pris dans la logique d'un ethos, le processus capitaliste de rationalisation devint une nécessité, une condition de survie : "quiconque ne s'adapte pas, dans sa conduite de vie, aux conditions de la réussite capitaliste, sombre ou n'arrive pas à faire surface." Et c'est ainsi que le monde moderne est devenu cette cage d'acier (Stahlharte Gehäuse) dans laquelle nous sommes tenus de vivre. L'accumulation des richesses a en même temps favorisé la sécularisation de la valeur travail ; le gain remplaça le salut - mais la cage, le système subsiste.

    Weber ne critique pas l'ascétisme en tant que tel ; il critique le fait que l'ascétisme moderne ne résulte plus d'un libre choix personnel et n'a plus la moindre signification éthique ; il n'est plus qu'un impératif structurel imposé aux individus nés dans la cage d'acier du capitalisme industriel. L'homme est là pour ses affaires, et non l'inverse. L'ascétisme s'est donc maintenu sous la forme d'une obligation extérieure. Mais l'individu moderne se retrouve scindé entre l'ascèse professionnelle imposée, et la quête de plaisir qui l'occupe une fois sa tâche achevé ; entre le fait de devoir être un spécialiste sans esprit, d'un côté, tout en étant un jouisseur sans cœur de l'autre. La sécularisation a fragmenté l'homme. Le capitalisme a fini par produire un monde marchand étranger à toute exigence de charité et de fraternité ; il constitue un cosmos qui repose sur une base mécanique avec ses propres lois. Il n'arrêtera sa course folle qu'une fois le dernier quintal de carburant consommé.

    Il est intéressant de noter que Weber ne fait pas de la technique le point de départ, la cause du développement capitaliste, la genèse du monde moderne - non seulement parce que la technologie est elle-même conditionnée par l'économie, mais parce qu'avant la révolution industrielle, il fallut une révolution industrieuse, un changement d'attitude à l'égard du travail. Ce n'est donc ni l'économisme, ni un déterminisme technologique qui furent à l'origine de cela.

  • De la pauvreté chez les "riches"

    Un article intéressant sur Atlantico :

    "(...) pour répondre à la question, c’est essentiellement le chômage qui explique la reprise à la hausse du taux de pauvreté. Mais structurellement, les deux composantes de la dynamique de la pauvreté ne doivent pas être oubliées. Elles jouent un rôle déterminant, dont on ne peut isoler les effets sur les seules trois dernières années. Les ruptures et séparations ont un impact considérable sur les niveaux de vie, ainsi que sur les prix (par exemple sur le marché du logement).
    (...) 
    aujourd’hui il y a plus de pauvres en familles monoparentales que dans toutes les autres formes de structures familiales." 

    On ne cessera de le marteler. Ces familles décomposées et rafistolées dont on nous cesse de vanter les mérites avec force séries TV niaiseuses, ont un coût social, humain et financier exorbitant. Un divorce coûte à la société tout entière. Pourtant la société promeut ouvertement l'instabilité de la famille, et plus grave, est en train d'échanger le modèle nucléaire - dont on a pu mesurer tous les bénéfices - pour le modèle "tribal" dont on commence à peine à mesurer les conséquences mortifères ; un enfant n'est pas lié à ses parents biologiques, mais confié à une tribu puis une autre, à la manière des sociétés primitives. Sauf que nos sociétés occidentales ne sont pas primitives, mais hautement complexes. On n'y devient pas adulte et autonome à 14 ans pour espérer vivre jusqu'à 35, mais à 25 ans pour s'éteindre à près de 90. Une arnaque de plus donc.

    Notre société libéralo-libertaire ne produit plus que des pauvres, voilà le constat et la morale du pseudo progrès qu'on essaie de nous vendre.
    Comprenons bien qu'il ne s'agit pas ici d'interdire absolument le divorce ; il est dans certains cas un moindre mal. Il s'agit de ne plus appeler un mal un bien, et de cesser d'en faire lune outrageuse promotion - et positivement, de promouvoir le mariage, la stabilité du couple (H/F comme la syntaxe l'exige), donc développer les formations et le conseil. Pour le bien commun et celui de nos finances. 

  • La grande fabrique (II) Simmel

    pouvoir-argent.jpg L'oeuvre majeure de Georg Simmel (1858-1918) est "La philosophie de l'argent", qui partage avec Tönnies un diagnostic commun en de nombreux points : atomisation sociale, rationalité instrumentale, caractère abstrait et négatif de la liberté individuelle. Néanmoins Simmel ne renie pas la modernité ; c'est un critique, non point un révolutionnaire : en termes bossuesques, il se désole des conséquences dont il chérit les causes - l'émancipation de l'individu et la crise de la liberté, le rationalisme conduisant au nihilisme, le progrès aliénant. Simmel décrit ces impasses sans chercher à les surmonter ou les dépasser  par une dialectique comme Marx. L'impasse reste impasse.

    Simmel part des phénomènes les plus obvies de son époque : l'économie monétaire, la grande ville, la mode, les tendances artistiques, afin de mieux saisir le Zeitgeist, l'esprit du temps ; il s'agit d'une sorte de phénoménologie du présent. Une fois identifié le phénomène, il s'agit d'inférer une réflexion plus générale et plus fondamentale pour lui donner un sens : "déceler dans chaque détail de la vie le sens globale de celle-ci" ; de la même façon qu'un artiste peint le particulier pour toucher l'universel.

     

    Il s'agit donc de partir d'un phénomène précis, l'argent, pour remonter au monde moderne dans sa globalité. Le point de départ est l'option philosophique selon laquelle toute chose est en relation et en  interdépendance avec une autre ; si donc l'on se saisit d'un bout, on peut dérouler toute la pelote : "de n'importe quel point de la totalité, on peut arriver à n'importe quel autre." Simmel cherche l'analogie : si une même structure formelle se retrouve dans divers ordres de phénomènes au sein d'une culture, alors on peut caractériser cette culture par cette structure ; l'analogie sert ici à mettre en valeur l'unité. Ainsi le calcul, ayant dans les sociétés occidentales pénétré des domaines aussi diverses que l'économie, la morale, la politique, les sciences etc.

     Sociologie de la reification : la liberté négative des modernes.

    Tönnies assimile liberté et société marchande, montrant l'aporie de cette liberté du calcul rationnel qui conduit à agir de manière standardisé et prévisible. Pour Simmel, l'élargissement d'un groupe communautaire va de pair avec l'individualisation et l'autonomisation : "les sociétés commencent d'habitude par un groupe relativement restreint, maintenant entre ses éléments des liens étroits et une certaine uniformité ; puis vers un groupe relativement important, accordant à ces éléments une liberté, un être-pour-soi, des différentiations mutuelles."

    L'argent, en facilitant les échanges et la mobilité, favorise l'élargissement et l'interpénétration des groupes. Ainsi pour Simmel, l'argent et l'économie monétaire sont bien le facteur et l'expression le plus fort du mouvement historique de libération de l'individu. L'argent, facilement transportable, favorise la liberté de mouvement, l'émancipation vis-à-vis de la communauté ; il incarne la liberté de choix.
    Cette liberté entraine paradoxalement une grande interdépendance  : la satisfaction de besoins toujours plus grands passe par des intermédiaires toujours plus nombreux ; l'homme est alors comme sur-socialisé. Pour Simmel, la liberté passe alors par la dissolution des liens personnels, remplacés par des liens purement objectifs, fonctionnels et impersonnels - on rejoint ici le diagnostic de Tönnies. L'argent objectives les relations sociales et libère les individus des attaches communautaires. Liberté n'est donc pas indépendance absolue, mais plutôt interdépendance universelle au sein d'un système impersonnel.
    Les individus n'entrent en relation que comme supports de rôle sociaux dans la division du travail. "L'argent créé certes des relations entre les humains, mais en laissant les humain en-dehors de celles-ci." 
    Le lien social ne passe plus par les hommes, mais par les fonctions et les choses. L'individu peut alors chosisir les personnes dont il dépend, et en changer à volonté. Le réification des relations sociales est la conséquence nécessaire de la liberté individuelle. Liberté accrue donc, mais creuse.

    Simmel propose de distinguer liberté positive et négative. Il ne s'agit pas simplement de se libérer de quelque chose, il faut être libre pour quelque chose - se donner un sens à l'existence. Or, l'argent est une richesse abstraite qui ne donne par elle-même aucune direction à la vie de celui qui en possède. L'individu moderne, ne réalisant qu'une liberté négative, se rétracte sur lui-même :
    Un paysan qui vend ses terres se libère de la contrainte de celles-ci, mais abandonne en même temps ce qui donnait un contenu positif à sa vie contre de l'argent, qui ne lui apporte rien de tel. L'homme moderne "libéré" par l'argent est un produit abstrait, qui cultive une intelligence rusée (celle du marchand) centrée sur le calcul de l'intérêt personnel - aucune cause ou vocation ne saurait lui donner unité l'intérieur. L'individu moderne est condamné à l'errance. Tous les artifices sont bons pour se fabriquer un contenu substantiel ; la quête de sens du désespéré qui s'engage dans du tout et du n'importe quoi. La liberté moderne produit un mal-être sans remède.

    La liberté s'accroit donc avec la réification des relations humaines. Mais c'est une liberté purement formelle, négative, vide. De fait domination et soumission restent présentes, mais par nécéssité technique ; dans le cadre de l'organisation d'une société de division du travail, impersonnelle, censée produire la liberté.

    L'argent n'étant d'autre part, au mieux, que moyen permettant de réaliser une fin, l'économie monétaire entraine une prédominance de l'entendement (la faculté de calcul) sur les sentiments ou l'âme. Le monde moderne est donc placé, dans le domaine des relations, sous le signe d'une objectivité et la mise à l'écart de la subjectivité. L'idéal cognitif des temps modernes est de concevoir le monde comme un grand example de calcul. Obnibulé par la question des moyens, la fin apparaît comme refoulée chez l'homme moderne. Il y a comme une éclipse des fins. "la périphérie de la vie s'est emparée de son centre." La technique s'est emparée de l'âme, siège des buts. Simmel note par ailleurs que le Christianisme a pu se développer à une époque qui connaissait également une crise des fins.

    Simmel perçoit également la régression de la culture (c-à-d tout ce qui permet à l'homme une autonomie par rapport à la nature) : autant les objets concentrent davantage de savoir et de techniques, autant la spécialisation produit des individus de moins en moins cultivés ("Le concept et la tragédie de la culture", essai, 1911). S'ajoute à cela une aliénation vis-à-vis de ces objets qui, créés par l'homme mais poursuivant ensuite une "vie" autonome, ligote l'homme à son usage (qu'on pense par ex. au tel portable ou à l'Internet). "[Les objets] évoluent suivant une logique immanente, et deviennent par là même étranger à leur origine comme à leur fin." Voici inversée la devise des franciscains : "nihil habentes, omnia possidentes"- "ne rien avoir, tout posséder", devient "ils ont tout, mais ne possède rien."

    Enfin Aurélien Berlan termine par le phénomène de mode analysé par Simmel, produit du capitalisme par excellence, qui se renouvelle en créant une obsolescence toujours plus rapide des objets. Il rejoint ici Karl Marx qui écrivait : "La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, donc les rapports de production, donc l'ensemble des conditions sociales. Ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les précédentes, c'est le boulversement incessant de la production, l'ébranlement continuel de toutes les institutions sociales, bref la permanence de l'instabilité et du mouvement. Tous les rapports sociaux immobilisés dans la rouille, avec leur cortège d'idées et d'opinions admises et vénérées, se dissolvent ; tout ce qui est était solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré se trouve profané, et à la fin les hommes sont forcés de considérer d'un oeil détrompé la place qu'ils tiennent dans la vie, et leur rapport mutuel." (Karl Marx, Manifeste communiste). Cela se traduit, toujours selon Marx, par cette nécessité qu'à l'argent de circuler sans cesse et toujours plus vite : la circulation de l'argent devient sa propre fin, "mouvement incessant du gain toujours renouvelé"

  • Le complexe du Chartreux

    "Stat crux dum volvitur orbis"

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    Le monde tourne, la croix reste. Le bronze de Lénine fera de bonnes cloches - il en a toujours fait.

  • Heckle et Jeckle

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      Il n'est pas bien compliqué de comprendre que libéralisme et libertarisme sont aussi inséparables qu'Heckle et Jeckle. D'ailleurs la page wikipedia consacrée à ces deux oiseaux est catégorique : si ce n'est leur accent, il est impossible de distinguer l'un de l'autre. De fait chacun, sur leur plan respectif, partage exactement le même programme qui peut se résumer en un slogan de quatre mots :

    "Baisez qui vous voulez." 

     

     

    C'est typiquement le programme de la mairie de Paris soi-disant socialiste, en réalité outrageusement sponsor de la cause lgbtiste depuis maintenant plus de dix ans. Je crois d'ailleurs l'avoir signalé l'an dernier à la même époque, mais à toute fin utile ça vaut le coup de se répéter : à Paris, si un inconnu à tête de bite vous ouvre les bras en vous faisant un grand sourire, c'est à coup sûr un charlatan qui en veut à votre argent.

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