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Religion - Page 13

  • Récitation

    Pourquoi, dans le Coran, un verset sur trois rappelle avec une obstination remarquable que ceux qui le traite de mensonge seront voués aux pires châtiments ? Pourquoi ce zèle ? Suffit-il de rabâcher une chose pour qu'elle finisse par devenir vraie ? Et qui veut-on persuader ici au juste ? Ceux qui lisent le Coran, ou ceux qui ne le lisent pas ?

    Lorsqu'un détenu nous rebat les oreilles en hurlant "je suis innocent ! Je suis innocent !", ne hausse-t-on pas les épaules en soupirant : "Ils disent tous cela ?"

    Exemple dans la Sourate 2 :

    Sourate 2

    2. C'est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux.
    23. Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques. 
    39. Et ceux qui ne croient pas (à nos messagers) et traitent de mensonge Nos révélations, ceux-là sont les gens du Feu où ils demeureront éternellement.

    Ou dans la Sourate 6 :

    21. Qui donc est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Dieu, ou qui traite de mensonge Ses versets ? Les injustes ne réussiront pas.
    27. Si tu les voyais, quand ils seront placés devant le Feu. Ils diront alors : "Hélas ! Si nous pouvions être renvoyés (sur la terre), nous ne traiterions plus de mensonges les versets de notre Seigneur et nous serions du nombre des croyants".

    Ou encore Sourate 63

    10. Et ceux qui ont mécru et traité de mensonges Nos versets, ceux-là sont les gens du Feu où ils demeureront éternellement. Et quelle mauvaise destination !

    etc.
    Cet acharnement à protester en permanence de sa bonne foi en devient suspect. Vraiment, s'il s'agissait d'augmenter le doute sur l'authenticité du Coran, on ne s'y prendrait pas autrement. Rien de trop, dit-on.

  • Des chrétiens contemporains

    Sondage édifiant, qui dépasse même son objet, paru dans Pélerin Magazine à propos du divorce dans l'Eglise :

    "85 % des Français [sondés] disent ne pas comprendre l’interdiction de se remarier à l’église pour les divorcés qui avaient déjà été mariés religieusement, et 80 % ne comprennent pas l’impossibilité pour ceux-là de communier. Cette incompréhension est largement partagée par les catholiques : 24 % seulement des pratiquants réguliers qui se déclarent concernés considèrent que "l’Église a raison d’interdire" le remariage à l’Église, et 16 % seulement que "l’Église a raison d’interdire de communier".

    Voici la preuve très simple que 85% des sondés ne comprennent rien à la signification de l'acte de se marier dans L'Eglise catholique, et qu'ils ne comprennent pas plus ce qu'est un sacrement. Rien ici de surprenant, et personne ne leur en voudra, sauf de s'exprimer sur un sujet auquel visiblement ils n'entendent rien et ne les concerne pas.
    Quoi en revanche de plus affligeant  et démoralisant que de trouver des "catholiques"  qui ne "comprennent" pas plus en de telles proportions ? Ils ne comprennent donc pas les sacrements de leur propre religion, ni le sens du mariage tel qu'il est proposé par l'Eglise catholique ? Voilà qui interpelle sur le sérieux de leur préparation au mariage.

    Et qui les enchaîne devant l'autel ?  : personne n'oblige à se marier devant un prêtre catholique, mais chacun à l'obligation, dans l'exercice d'un acte parfaitement libre, de réfléchir aux conséquences et à la portée de cette acte. C'est la condition d'un homme libre, le coeur de sa dignité. Ce n'est pas être moralisateur que l'affirmer, c'est dresser un simple constat clinique et parfaitement raisonnable. Apparemment une majorité de catholiques se marient donc à l'église sans même s'être renseignée sur les devoirs et obligations d'une telle démarche. En bref, ils ne savent pas ce qu'ils font. La vraie question est donc : que leur enseigne-t-on pendant leur préparation à leur mariage ?
    Enfin, si les catholiques ne "comprennent" pas, leur est-il si exténuant d'ouvrir un  simple catéchisme de l'Eglise catholique ? Est-ce là trop leur demander ?

    Le plus grave est, comme souvent, pour la fin :

    Pour 79 % des pratiquants sondés concernés par le divorce, « l’Église devrait adopter une attitude plus souple pour tenir compte de l’évolution des mœurs »...

    Comment dire... Je ne suis pas sûr que ceux dont on parle soient véritablement pratiquants : pour oser se positionner ainsi, il est clair que ces échantillons de catholiques n'ont absolument aucune idée de l'essence d'une religion, d'autant moins de la leur propre. S'ils pensent vraiment ainsi, alors ils sont du monde mais certainement pas de l'Eglise. Ils sont des spectres assis sur des bancs : quand ils prononcent un Crédo, ils sont comme des enfants qui récitent un poème dont ils n'entendent pas un mot. Et ils demandent non la souplesse, car l'Eglise l'est en vérité, mais l'invertébration. Ces mollusques veulent une Eglise à leur image.
    L'idiot du village lui-même verrait bien que l'Eglise n'a pas à tenir compte de l'air du temps, le plus souvent méphitique, mais uniquement de la vérité. Cela seul compte.


    Au delà de ces considérations, ce que ce sondage démontre :
    - 1° la faillite totale de la préparation au mariage menée par l'Eglise catholique, qui prépare des non-catholiques ne sachant visiblement pas ce qu'ils font, et ce en quoi ils s'engagent.
    - 2° le vide abyssale du contenu de la foi d'une bonne proportion de catholiques, dont on se demande en quoi ils se différencient des autres non-croyants. L'effort d'intelligence est devenu surhumain pour une société à peine équipée pour suivre un feuilleton comme "Plus Belle La Vie". Crede ut intelligas, je crois pour comprendre ; intellige ut credas, je comprends pour croire, et aussi : fides quares intellectum, la foi cherchant l'intelligence. La foi doit être placée dans une dynamique d'intelligence, non pas de rente. L'Eglise n'a certes pas besoin de rentiers de la foi.

    Note : il ne s'agit pas ici de discuter du bien-fondé ou non de la position de l'Eglise catholique sur le mariage et le divorce ; il est tout a fait légitime et sain de s'interroger, et le croyant n'a pas à consigner son cerveau dans la sacristie. En revanche il est incompréhensible que des catholiques ne comprennent pas, par simple paresse, un enseignement de l'Eglise à la portée de tous. Ils sont les seuls responsables de leur coupable ignorance.

  • Du turlusiphon

    ... ou du moulin à prières.

    On s'étonnera toujours de la distance qu'il y a entre les paroles, les intentions ou la volonté, et les actes. On s'étonnera par là de cet être si dispersé et décousu qu'est l'homme, et on le plaindra sans doute. On comparera sa parole, vaine, avec celle de Dieu : Dieu dit, et cela est.
    On se félicitera toutefois que chez l'homme, la parole et l'agir soient ainsi découplés. Il n'est pas dans l'intérêt de tous que chaque parole (ou chaque pensée) se traduise immédiatement en faits, cela rendrait nos existences très aléatoires.

    Tout de même, lorsqu'il est écrit : "Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.", nous pensons au verbe image du Verbe. Dès lors, quand nous voyons la perversion que peut faire l'homme de son usage du verbe, comment ne voyons-nous pas qu'il s'agit là de la distorsion la plus grave faite à cette image : "La parole est pour dire le monde, non pour le contrefaire", disait un rabbin à son chat menteur.

    Deux travers : soit l'homme sur-évalue son verbe, il le prend pour un verbe créateur alors qu'il n'est qu'un verbe énonciateur, soit il le dévalue, utilisant son verbe comme une planche à billets surchauffée. Les mots ont alors la valeur du papier-monnaie, non de la monnaie elle-même.

    Que vaut alors une parole de prière ? Rien, si celle-ci n'est qu'un simple débit sonore. Autant jouer avec une chasse d'eau comme enfant.

    "Ce peuple est près de moi en paroles et me glorifie de ses lèvres, mais que son cœur est loin de moi et que sa crainte n'est qu'une leçon apprise."
    Ainsi parle Dieu par la bouche d'Isaïe. Et aussi :
    "N'apportez plus d'oblation vaine : c'est pour moi une fumée insupportable! Néoménie, sabbat, assemblée, je ne supporte pas fausseté et solennité.  Vos néoménies, vos réunions, mon âme les hait; elles me sont un fardeau que je suis las de porter !" 

    Nos mots ne valent rien en soi, comme un billet de banque ne vaut rien en soi. Seul le Verbe de Dieu est efficace en soi. Pour l'homme, pour que son verbe soit efficace, il faut que la volonté, la parole et les actes soient unis en cohérence. Ainsi Jesus disait ce qu'il faisait, faisait ce qu'il disait, et mourut pour ce qu'il fit et dit. Il n'y a pas témoignage plus solide qu'une parole incarnée : "Je rends témoignage de moi-même, et le Père qui m'a envoyé rend témoignage de moi." (Jean)
    Le contraire, le faux témoignage, la parole fausse-monnaie, c'est, par exemple,l 'antéchrist auto-proclamé Nietzsche : il vécut et mourut l'exact inverse de qu'il dit.

    Et lorsqu'on se contente de paroles comme dans une incantation, on s'adresse à une idole et la croyance est superstition.

    - Medellin, Colombie, 2000 morts par an : «Je me confesse souvent, et Dieu pardonne mes péchés», confie l'un de ces tueurs de métier (Figaro, Medellin replonge dans la guerre des gangs le 28/08/2009) .

    Voici pour son "pardon" :
    "Vous avez beau multiplier les prières, moi je n'écoute pas. Vos mains sont pleines de sang :  lavez-vous, purifiez-vous! Otez de ma vue vos actions perverses! Cessez de faire le mal." (Isaïe)

    Plus lucide que ce tueur à gage, tout aussi coupable, Claudius, le roi fratricide et usurpateur dans Hamlet :
    "My words fly up, my thoughts remain below;
    Words without thoughts never to heaven go. "
    Et vous qui dites : "Dieu n'écoute pas ma prière !", dansez plutôt la danse de la pluie.

  • L'étranger

    Le plus difficile n'est pas de croire en Dieu. Le plus difficile est de croire que Dieu, tout en étant radicalement autre, ne nous est pas étranger.

  • Du jardinage.

    On jardine beaucoup dans la bible. Ainsi ce passage de Luc 13,6 :

    "[Jésus] disait encore la parabole que voici : " Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n'en trouva pas.  Il dit alors au vigneron : "Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le ; pourquoi donc use-t-il la terre pour rien ?" 
    L'autre lui répondit : "Maître, laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier.   Peut-être donnera-t-il des fruits à l'avenir... Sinon tu le couperas". "

    Dépêche de presse, ce jour :

    Un manguier donne son premier fruit après 20 ans d'attente

    "Le manguier, planté dans une serre du Royal Botanic Gardens à Londres, a étonné les employés après l'apparition d'un fruit de la taille d'une balle de tennis sur l'une de ses branches. Cette mangue apparaît alors qu'un autre manguier, planté dans l'Indian Garden du British Museum, a donné ce qui semble être la première mangue à avoir vu le jour au coeur de Londres. L'arbre tropical, originaire du subcontinent indien, a du mal à pousser au Royaume-Uni, puisqu'il demande beaucoup de soleil et des températures élevées. "A l'origine, il y avait deux fruits sur l'arbre, mais l'un est tombé, l'autre semble toujours pousser", a déclaré Wesley Shaw, le manager de la Palm House, la serre qui abrite le manguier." 

    Comme quoi, une graine tombée même sur un sol peu favorable peut bien donner un jour quelque fruit.