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Divers - Page 4

  • Que vive la vie

    au nom de la beauté :

    http://www.lennartnilsson.com/child_is_born.html

    Rappelons en France que 200 000 de ces êtres, de ces choses comme disent les juges, finissent chaque année dans les poubelles des hôpitaux.

  • De la semaine 26, et de toutes les autres.

    Rubrique marrons-nous un peu - en ces temps de crise où les Français en sont réduits à acheter des bagnoles et partir en vacance pour ne pas déprimer.

    Voici la définition de Wikipedia concernant la "semaine 26" :

    Semaine 26 :
    La semaine 26 est, d'après la norme ISO 8601, la vingt-sixième semaine de l'année contenant un jeudi [quoiquoiquoi ? Il y aurait des semaines sans jeudi et je ne suis pas courant ?]
    Dès lors, une semaine débutant un lundi et s'achevant un dimanche, c'est également la vingt-sixième à placer une majorité de ses sept jours dans l'année en question [très jolie perf en effet], soit précisément au moins quatre [pas mieux].
    Ce faisant, elle suit la semaine 25 et précède la semaine 27 de la même année [magnifique, de la pure poésie, j'en suis tout retourné !].

    Je me demande si la norme ISO 8601, stipulant l'intégration d'un jeudi dans la semaine 26, n'est pas l'oeuvre de quelque fonctionnaire zélé de quelque administration européenne (en fait non, mais ça fait beaucoup de bien de le penser.)

     

  • De la contingence des continents ; de l'incontinence intellectuelle qui s'ensuit

    Les continents - et plus généralement toutes frontières - sont de pures conventions : leurs définitions ne reposent sur aucun critère objectif, d'où un décompte variable, de trois à sept selon les époques et la géographie. Donc, puisque le critère est subjectif, rien n'empêcherait l'Union Européenne d'intégrer un pays traditionnellement non-européen comme la Turquie.

    Rien sauf la cohérence d'une subjectivité geo-historique, sémantique, et culturelle :

    => subjectivité geo-historique : la Turquie est en Asie dite Mineure. D'aussi loin que date cette science qu'on appelle géographie, la partie orientale de l'actuel détroit des Dardanelles a toujours été appelée "Asie", et son côté occidental "Europe". Si l'on parle d'Europe, c'est donc obligatoirement pour la distinguer de l'Asie - autrement on dirait : "Eurasie" (par exemple).

    => subjectivité sémantique : les pères fondateurs de l'Europe moderne, dans leur esprit, ont voulu une union "européenne", non une Union Eurasienne.
    Quel insensé voudrait faire l'Europe en Asie ? Si on la construit aussi de l'autre côté du détroit, alors il faut dissoudre l'Europe, car ce serait reconnaître de fait son inexistence. Ce n'est pas là le moindre des paradoxes de ces pro-asiates qui s'auto-proclament les plus européens du monde *. Ils cherchent en réalité sa destruction ; ils nient l'Europe qu'ils adulent fanatiquement de conserve (sans savoir d'ailleurs ce qu'ils adulent - je crains qu'ils n'adulent négativement ou par défaut) : qui trop embrasse mal étreint et étouffe très sûrement.

    => subjectivité culturelle : la Turquie, avant elle l'Empire Ottoman, n'a en rien - ou de façon insignifiante - contribué à faire l'Europe moderne. Ce n'est ni un blâme, ni un sarcasme, ni une affliction , c'est un simple constat  : quels sont les peintres, sculpteurs, philosophes, écrivains, intellectuels, scientifiques ottomans ou turcs qui ont influencé et fait progresser l'Europe vers sa modernité ? Citez moi à chaud le compositeur, le philosophe, le peintre ?
    Au contraire, les Ottomans ont volontairement aboli tous les référents majeurs européens : grecs, latins, et judéo-chrétiens. Ils ont suivi leur propre chemin de civilisation, c'est à leur honneur et grand bien leur fit.

    Si l'on veut continuer avec cette idée d'union européenne, il faut impérativement définir des limites qui soient cohérentes avec, précisément, ce mot "Europe" et toutes ses connations.
    Sinon on parle d'autre chose. Et je ne suis pas sûr qu'on réussira davantage à inculquer aux citoyens une identité eurasienne (qui pourrait tout aussi bien dans la même logique inclure l'Afrique d'ailleurs) qu'une identité bêtement européenne.

    * Voilà ce que voudraient ces négateurs : ils voudraient que nous soyons "européen en général ; or il n'existe pas d'européen en général." - disait Dostoïevski (par ailleurs grand euro-sceptique). 

  • De la réalité de la réalité

    La réalité est ce qui est. Elle s'englobe dans la vérité, qui est ce qui est, et ce qui fut.
    Une chose est premièrement par elle-même : elle existe. Elle est pour l'autre, dans un premier temps, contingentement,  phénomène. Il convient donc de distinguer l'existence de la conscience, et de ne pas amalgamer les deux : ce n'est pas parce que 99,9999999% de la planète n'a pas conscience que je suis, qu'objectivement je ne suis pas. Ce n'est pas parce que je n'ai pas conscience des autres qu'ils n'existent pas.

    Je suis donc, et je sais que je suis. Inutile de refaire une démonstration cent fois refaites depuis plus de 1600 ans. Ma réalité est certaine. La réalité de l'autre est en revanche très improbable.

    1) Nous ressentons au présent uniquement. Nous pouvons pressentir, ou nous souvenir que nous avons ressenti, mais alors cela n'a plus de réalité dans l'autre. Le problème est la réalité effective, mesurable et quantifiable du présent :
    - du moment que nous avons ressenti, le phénomène à l'origine de la perception est déjà passée et n'est plus, le temps que le phénomène parvienne à la consience. Nous ressentons au présent ce qui est déjà dans le domaine du passé.
    - ce présent, qui peut le saisir et dire : le présent, c'est ça ? Du moment que je pense le présent il n'est plus, mais il est autre. Le présent est cet instant, pellicule infinitésimale entre deux glacis massifs que sont le passé (rétrospection) et le futur (projection). Instant insaissable et inquantifiable, nous est-il seulement possible de toucher le présent ? Si nous ne pouvons toucher le présent, comment toucher le réel ? Nous ne toucherions que des simulacres de réel ?


    2) Nous sommes matière, et nous percevons la réalité de l'autre d'abord matériellement (c'est à dire que nos sensations - vue, ouïe, toucher, odorat, goût - sont principalement matérielles et traduisent un phénomène matériel). Pourtant le volume d'un atome est, dit-on, "constitué" à 99,9999999999999 % de vide ! Si un noyau d'hydrogène mesurait un millimètre, selon des physiciens poètes, son électron folâterait à cinquante mètres de distance. L'atome aurait un diamètre de cent mètres de vide.
    Nous sommes donc essentiellement du vide* (formulation étrange en elle-même). Notre réalité perceptible est en fait "vide" ! Voilà un menu avec bien peu de saveur et de fumet, fort peu dyonisaque !

    Deuxième chose, cette matière farcie de vide est en fait, par exemple chez  l'électron ou le photon, duale : simultanément onde ET particule. 
    Voilà donc une réalité, la matière, qui est ressentie de façon absolument contre-intuitive : la matière est une probabilité...

    Dostoïevski notait dans ses carnets : "Je reconnaît l'existence de la matière, mais je ne sais pas du tout si la matière est matérielle."

    Un présent fuyant sans cesse et une matière vide de matière, indiscernable, la réalité parait décidément bien peu réelle. Et pourtant les chances de survie d'un être niant le réel laisse peu d'espoir. Je ne saurai subsister que dans le réel : la triche, le mensonge, simulacre et contrefaçon du réel, c'est la mort.

    Nous n'avons en définitive le choix qu'entre le réel et le néant.

  • De la définition

    Prenons, au hasard d'une densité de probabilité assez épaisse, la définition d'une fonction d'onde :

    "Fonction à valeurs complexes, définie sur le continuum d'espace-temps, dont le carré du module représente la densité de probabilité de présence d'un électron de l'atome, en un point de l'espace et à un instant donné."

    Recueillons nous quelques instants devant ce divin nectar de cerveau, sans colorant ni conservateur.


    Réflechissons à présent sur la définition d'une définition :
    "Une définition est une formule qui indique la signification d'un terme."
    => notons au passage que cela suppose que les mots "formule", "signification", "terme" soient au préalable définis (paraît-il que nous touchons là un "point aveugle de la raison" ; n'ébruitons pas trop cette rumeur.)

    Bref, en sus d'un extrême ravissement musicale, la définition d'un objet mathématique ou physique est en soi un réel prodige : en effet, nous éclairons habituellement la signification d'un terme grâce à sa définition : nous butons sur un mot, nous ouvrons un dictionnaire, et notre esprit s'illumine par la faute d'une définition légère, joyeuse, trépidante.
    Mais il se trouve que dans notre cas précis, les termes de l'objet (fonction, onde) apparaissent infiniment plus limpides que sa définition ; ce sont eux qui éclairent le sens de la définition - au lieu que ce soit l'inverse, on l'aura compris.

    C'est à dire que si je vous donne une telle définition à l'état à brut, vous seriez bien embarrassés de me retrouver son terme. Tandis que si je vous pose la définition suivante : "Mammifère domestique appartenant à la famille des Équidés, utilisé notamment comme animal de monture et de trait", chacun voit bien ce dont il s'agit de façon univoque.