Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Philosophie - Page 5

  • Benoît XVI ou la religion à coups de marteau

    Quelqu'un, visiblement distrait, oublia son marteau alors que Benoît XVI allait prononcer un discours devant le président de la République de Chypre et quelques diplomates.
    Benoît, bricoleur à ses heures, ne pu résister, le subtilisa. Le voici dans ses oeuvres :

    "Une deuxième voie pour promouvoir la vérité morale consiste à déconstruire les idéologies politiques qui voudraient supplanter la vérité. Les expériences tragiques du XXe siècle ont mis à nu l'inhumanité qui s'ensuit lorsque la vérité et la dignité humaine sont niées. De nos jours, nous sommes témoins de tentatives pour promouvoir de supposées valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains. En ce sens, en m'adressant à l'Assemblée générale des Nations-unies, j'ai attiré l'attention sur des tentatives conduites en certains lieux pour réinterpréter la Déclaration universelle des Droits de l'Homme dans le but de donner satisfaction à des intérêts particuliers qui compromettraient la cohérence interne de la Déclaration et l'éloignerait de son objectif originel."

    medecin-peste.jpgL'âne du Zarathoustra se retourne subito contre son maître. Son coup de pied est magistral : déconstructeurs, nous allons vous déconstruire, vous et vos remèdes de charlatan ; vos masques en bec de canard vont tomber, et révéler les relents de vos pensées difformes, produit du fondement d'intellos marécageux collecté au tout-à-l'égoût philosophique .
    Pape roublard, à la pique assassine, rusé comme le serpent, innocent comme la colombe : il se sert de l'arme mise au point par les ennemis du genre humain, pour confondre leurs mensonges et mettre à nu leur vrai néant. Ceux qui vivent par le marteau périront par le marteau.

    Déconstruire les idées et théories délirantes de ceux qui ont juré la perte de l'homme à coup de déconstruction et de reconstruction à la Frankenstein : voilà encore un éclair lumineux et plein de rouerie de ce pape qui est bien l'homme de ce début de siècle. Voilà qui fait oeuvrer le chrétien radicalement pour le bien commun. Voilà un programme politique.

    Il est curieux à ce propos que Benoît XVI reprenne presque mot pour mot le livre de François Huguenin, "Résister au libéralisme", et commenté comme suit par Luc Pinson :

    "L’audace des penseurs que François Huguenin met en valeur dans son dernier essai, consiste à prendre de front un certain amoralisme libéral, en revenant à des notions aussi centrales que la vérité, le beau et le bien commun. Mais, nous explique t-il, l’audace d’un jeune théologien laïc comme William Cavanaugh est plus grande encore, puisqu’il conteste les définitions et les prétentions de l’État moderne. Ainsi se permet-il de déconstruire la légende de la légitimité politique fondée sur la rupture avec la religion.
    ...
    Depuis Maritain, les chrétiens ont renoncé à affronter les fondements du politique. Trop souvent, les grands mots de démocratie, de droits de l’homme, de laïcité, sont brandis comme des fétiches, alors qu’il faudrait les retravailler, les déconstruire pour les reconstruire. L’auteur montre que de nouveaux courants ne craignent pas de repenser la politique dans la recherche d’une nouvelle cohérence avec leur foi, parfois hésitante, mais stimulante."

    La différence : les déconstructeurs habituels ne sont que des grossiers dynamiteurs. Ils dynamitent la maison de pierre pour bâtir un taudis en carton. Les déconstructeurs de ces déconstructeurs sont des artisans maçons. Ils rasent pour rebâtir le solide, le vrai.

    Notes :
    Pour le discours de Benoît XVI, voir la dépêche Zenit
    Pour la critique du livre de François Huguenin, voir le site libertépolitique.

  • L'inhumanisme

    L'humanisme tranché du Christianisme, privé de racines et de sève, se révèlera au final l'oppresseur le plus implacable et impitoyable de la race humaine.
    La grande différence avec les oppressions passées, c'est qu'elle ne prendra point le visage de criminels, mais ceux de parfaits innocents.

    Baal change de nom et de face, mais il a toujours faim.

  • Le cri

    « Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang — je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et la ville — mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers. »
    Munch

    cri-munch.jpg

    Le cri est celui de l'homme informe et déconstruit, dynamité par une anthropologie contre-nature : celle des prédicateurs du néant. Notre époque n'a pourtant d'oreilles que pour cette lignée de jacteurs insensés : ils sévissent depuis plus d'un siècle, ont depuis apporté la preuve scientifique de l'inanité de leurs thèses chaque fois qu'ils crurent bon les mettre en pratique, ont plongé l'humanité avec persévérance dans les ténèbres les plus profondes, mais ils sont toujours applaudis par une sorte de conspiration irrationnelle. 
    Voici donc le cri du dépouillé : il n'a plus rien et il n'est plus rien. Tout son être maltraité se rebiffe : sa conscience lui jette en pleine face informe à la fois sa finitude pathétique et son néant absolu. "Celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé." 
    Il est bien au bord d'un gouffre .
    Les vaches se moquent de vivre au bord d'un gouffre, elles n'ont pas d'yeux pour le voir. L'homme ne sait pas ne pas voir.

  • De la création

    Question : est-il seulement possible à l'homme de créer ? Ou plutôt : l'homme peut-il véritablement "créer" autre chose qu'un mensonge ?
    Comment du reste l'homme peut-il échapper à la réalité ? Soit il énonce fidèlement, soit il ment (et il ment toujours par rapport à une réalité). Il dit ce qui est, ou bien il dit un néant. S'il dit : ce néant, voilà la vérité, alors il créé une distorsion avec le réel, et le salaire de cette distorsion, en bout de logique, c'est la mort.

    Il est intéressant ici de s'attarder sur l'un des domaines privilégiés de la soi-disant "création", l'art. En peinture, le paradigme fut longtemps d'énoncer, ce qui impliquait nécessairement le formalisme, puisqu'ici-bas la l'être s'exerce dans une forme. Culte de la forme : on n'échappe pas à la forme, et à l'énonciation de celle-ci. Ce qui est prend obligatoirement une forme, le génie est d'en rendre compte par une sorte de fidélité, de confiance, de "fides".
    De nos jours on trouve la forme insupportable, obstacle à la créativité de l'homme (comme si l'homme pouvait créer quoi que ce soit.) La forme est donc reniée au profit de l'informe. D'une décomposition, pour ne pas dire d'une pourriture, il est demandé au spectateur, au mieux, de reconstruire une forme et de faire le travail de "l'artiste". Voici : l'art dit abstrait n'est que culte rendu à l'informe, par orgueil de pseudo-créateur ou hypocrisie de ratés. Ceux-là n'ont aucun talent ni génie à revendre, sauf le bagout des marabouts : ils habillent la nudité de leur génie d'un verbiage pédant et amphigourique. L'on se paye de mots, et de la tête de quelques pigeons roucoulants.
     Mais que l'on considère : l'informe n'est-il pas une propension au néant ? La pourriture et la corruption, n'est-ce pas une privation de forme, et les premiers symptômes du néant ? L'art abstrait est un art de néant.
    Cela reste néanmoins un art, en négatif. On dira ainsi de l'art contemporain qu'il n'est pas "art", l'usurpateur, mais simple bouffonnerie. Il est un divertissement, à l'égal de Mickey.
    Siècle qui inventa la prime à la médiocrité, par haine du beau et du génie.

     "Dieu, créateur de toute chose, écrivait saint Augustin, tout puissant à remettre en forme le difforme, notre ouvrage." - Confessions l. IX

  • Le nouvel obscurantisme

    On ne laisse pas de s'étonner (et en quelque sorte de s'émerveiller) à quel point l'obscurantisme de notre temps prend sa source dans les fameuses "lumières" du XVIII. Cette lumière aveugle tellement qu'elle ne fit que plonger l'homme dans des ténèbres toujours plus profondes. L'homme est à marche forcé vers le néant, en roue libre vers le précipice - et, parfaitement conscient par ailleurs qu'il accélère son destin funeste, sabote avec une minutie de maniaque les derniers freins qui éviteraient la catastrophe.

    Ainsi en est-il de tous ces mouvements qui prétendent déconstruire, et qui en fait, simplement détruisent. Si ces pensées en étaient restées au stade d'un gentil exercice intellectuel de oisifs, personne n'y trouverait à redire. Le problème est que certains se sont mis en tête de les expérimenter, ou de s'en servir pour arriver à des fins de pures convenances, comme un détrousseur se sert de l'objet pied-de-biche pour dépouiller le quidam.

    Ces détrousseurs qui déconstruisent par pure construction idéologique - et on aimerait le rappeler la formule "médecin, guéris-toi toi-même", ou : "déconstructeur, déconstruis-toi toi-même" - ont un obstacle de taille : la réalité, ou la nature des choses. Qu'importe, ils votent des lois qui contraindront bien celles de la nature. Les voici donc dans la prestidigitation, dans le bagout de charlatan ; mais le principal pour eux est bien sauver les illusions, et même les apparences d'illusions.

    Ainsi en est-il de toutes ces théories comme celle dite "du genre" : nouvelles superstitions, gri-gri d'une bande d'incontinents intellectuels qui masquent leurs insuffisances sous un tampon de verbosité. Gangsters à qui l'on a appris à lire et écrire, ils braquent la pensée et maintiennent la raison au bout de leurs flingues.

    Pour démonstration ils suffit de se reporter à la conclusion de Mgr Tony Anatrella, à propos des revendications sociétales de certains groupes "sexuellement orientés"  :

    "Il est dans l'intérêt de la société de se référer à la différence sexuelle au lieu de s'installer dans l'indistinction sexuelle.
    La négation de la différence sexuelle et l'affirmation de l'indistinction sexuelle développent un sentiment de toute-puissance handicapant qui empêche l'enfant d'accéder à une vision juste de la réalité et de ses limites. La seule question qui se pose est de savoir dans quelle structure relationnelle l'enfant doit s'inscrire ? La réponse est dans le donné du réel. L'enfant ne procède pas d'un seul sexe auto-suffisant. Il a besoin que sa mère soit une femme et son père un homme. Chacun est ainsi situé dans son identité et permet à l'enfant de se différencier subjectivement et socialement. L'homosexualité complique et ne permet pas ces processus. Elle est une singularité personnelle fondée sur une sexualité étrangère à la conception, à la transmission de la vie et à l'éducation des enfants. Il n'y a pas d'altérité sexuelle dans la vie intrapsychique des adultes avec lesquels un enfant partage son existence. Socialement elle n'est pas une différence comme on le prétend, elle est la négation de toutes les différences conjugales et parentales. On ne peut donc pas définir rationnellement la parenté et la filiation simple ou plénière, et encore moins l'éducation des enfants à partir de l'homosexualité, quelle qu'en soit l'origine, sous le seul prétexte d'un hypothétique bien être affectif.
    Les droits et l'intérêt de l'enfant sont premiers face aux exigences subjectives des adultes. L'intérêt de l'enfant est d'être engagé dans une relation qui s'inscrit dans la continuité de sa conception entre un homme et une femme. Le droit et l'intérêt de l'enfant sont les critères de discernement qui viennent limiter le droit à l'enfant des adultes."

    L'article complet ici :  http://www.zenit.org/article-23483?l=french

    Inutile de dire que ce brave homme prêche dans un désert intellectuel : il n'a absolument aucune chance d'être entendu de la masse : elle n'a d'oreilles que pour le pathos, qui ne nécessite aucune ressource d'intelligence.